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Apnée

Réalisé par Jean-Christophe Meurisse
France - 2016 - 1h29
Sortie octobre 2016 (Shellac)
Semaine de la Critique – Festival de Cannes 2016

Céline, Thomas et Maxence marchent toujours par trois. Comme la trilogie de la devise républicaine. Ils veulent se marier, une maison, un travail, des enfants sages et manger tous les jours des huîtres. Insoumis et inadaptés à une furieuse
réalité économique et administrative, ils chevauchent leurs quads de feu et traversent une France accablée, en quête de nouveaux repères, de déserts jonchés de bipèdes et d’instants de bonheur éphémère.

Quand la délirante compagnie théâtrale des Chiens de Navarre et leur metteur en scène, Jean-Christophe Meurisse débarquent pour la première fois au cinéma, tout peut arriver. Et, en effet, tout arrive. ça commence par une tentative
opiniâtre de mariage à trois : deux garçons, une fille, face à un employé de mairie à bout de nerfs. Ça continue par un désopilant (et néammoins aérien) numéro de patinage artistique complètement à poil, mais avec masques de catcheurs… Dans cette sarabande libertaire, situationniste et burlesque, qui se moque de tout, et surtout de la normalité, le trio de « fiancés » en goguette traverse mille aventures, croise une autruche dans les rayons d’un supermarché, se colle les
chaussures au plafond, prend des bains dans la vitrine d’un magasin de sanitaires, ou décloue Jésus de sa croix – qui dit merci et s’en va pépère, à pied et tout ensanglanté, vers d’autres horizons.
Irrésistibles dans leurs personnages candides, débordants, tchatcheurs et totalement désinhibés, les trois comédiens principaux, Céline Fuhrer, Thomas Scimeca et Mayence Tual sont le seul fil rouge de cet inventif charivari de poésie, de provoc, d’humour absurde, au bord du film à sketches. On rit, souvent, beaucoup, comme devant cette très improbable séance de formation à Pôle emploi où l’un d’entre eux tente vainement d’apprendre à serrer des mains. Mais on s’ennui aussi un peu, parfois, devant les maladresses et le désordre de ce film à part, entre happening permanent et tentative à demi réussie de mettre en boîte quelque chose de la folie vivante du théâtre.

Cécile Mury – Télérama


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