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Gloria

Réalisé par Sébastian Lelio
Chili - 2013 - 1h50
Sortie le 19 février 2014 (Ad Vitam)
Ours d’Argent de la meilleure actrice - Festival de Berlin 2013
Soutien AFCAE

A 58 ans, Gloria se sent toujours jeune. Célibataire, elle fait de sa solitude une fête et passe ses nuits dans les dancings de Santiago. Quand elle rencontre Rodolfo, tout
change. Elle tombe amoureuse et s’abandonne totalement à leur passion tumultueuse. Traversée tour à tour par l’espoir et les désillusions, ce qui pourrait la faire sombrer va au contraire lui permettre d’ouvrir un nouveau chapitre de sa vie.

Nouveau long métrage du Chilien Sebastián Lelio, repéré il y a quelques années à la Quinzaine des réalisateur avec Navidad, Gloria est un redoutable crowd-pleaser qui devrait faire exploser le cinéaste sur la scène internationale. Gloria raconte l’histoire d’une femme divorcée, dont les enfants sont grands, qui est active et qui approche de la soixantaine. Gloria sort, danse, saute à l’élastique, chante à tue-tête les chansons sirupeuses qui passent dans sa voiture. Derrière l’entrain et l’enthousiasme, une amertume. Le film pourrait être une fable mièvre ou une recette didactique, mais Lelio se montre particulièrement habile dans les nuances, doué dans les ruptures de ton. Rien n’est jamais tout noir ou rose dans Gloria, les deux se côtoient, et Lelio tient cet art du doux-amer jusqu’au bout.
(…) Il n’y a aucune cruauté dans la caméra de Lelio, simplement de la bienveillance même lorsque le sort joue des tours. Le cinéaste ne quitte jamais Gloria des yeux, son objectif est toujours centré sur elle, lors d’une discussion, lors d’une séquence musicale. Gloria est toujours en mouvement mais vient le moment où plus rien ne bouge alors que tout, autour d’elle, s’agite. Sa fille qui s’installe à des milliers de kilomètres, une manifestation qui arpente le pavé, des femmes légères qui s’en remettent au hasard au casino. Et Gloria, stoppée net, de croiser une figurine dansante : celle d’un squelette animé par un artiste de rue. La pulsion de vie qui anime le long métrage de Sebastián Lelio le rend assez euphorisant. Il lui manque probablement plus d’inspiration formelle. Mais son coeur est son actrice : Paulina Garcia, de tous les plans, largement à la hauteur de ce personnage extraordinaire dont le générique de fin chante le nom.

Nicolas Bardot – Films de Culte


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