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Je me tue à le dire

Réalisé par Xavier Seron
Belgique - 2016 - 1h30
Sortie le 6 juillet 2016 (Happiness)
Prix du meilleur long métrage belge francophone – FIFF 2015

Michel Peneud va mourir. Comme vous, comme moi, et comme sa mère, sauf que sa mère, c’est son médecin qui le lui a dit. Alors elle a décidé de vivre. Et vivre pour la maman de Michel Peneud, ça veut dire nourrir ses chats, boire du mousseux comme si c’était du champagne, et aimer Michel. Mais cet amour, Michel le trouve parfois un peu encombrant. A tel point qu’il semble soudain développer des symptômes très proches de ceux de sa mère. Et si Michel avait lui aussi un cancer du sein ?

D’une inventivité rare et fort d’une tonalité joyeusement acide, Je me tue à le dire est une véritable pépite. À travers le portrait d’un trentenaire en perte d’équilibre – et qui ne l’a jamais trouvé Xavier Seron évoque une pleine génération et questionne rien de moins que le sens de la vie. Une comédie
grinçante et sensible, servie par un casting truculent emporté par Jean-Jacques Rausin, ébahissant.
(...) L’imagination de Xavier Seron nous ravit : spectateurs d’un conte abscons et sur-réaliste, nous prenons un tendre plaisir à partager les doutes de Michel comme son agacement et son émotion. Et si son immobilisme nous effraie
ponctuellement, peut-être n’est-ce après tout parce qu’il renvoie au nôtre.
(…) À la richesse de l’écriture, répond une approche esthétique époustouflante. Baroque et transcendantale, elle exacerbe le ressenti de Michel tout en servant de contre-point. La photographie, signée Olivier Boonjing, est sensationnelle.
L’intelligence du cadrage, le grain de l’image et le volume induit par le noir et blanc permettent à Xavier Seron de dépasser toute hypothèse de narration (pourtant maîtrisée) et d’impressionner nos sens – le travail sur le son et l’emploi
parcimonieux de la musique complètent habilement cette dynamique. Au-delà du chapitrage, le montage participe pleinement à ce mouvement : à l’inventivité de la mise en scène, répond, aussi sûrement qu’imperceptiblement, une énergie plurielle et sans cesse modulée (…).
Enfin, l’interprétation est magistrale. Sans jamais tomber dans la performance, Jean-Jacques Rausin se donne corps et âme au réalisateur qui lui a écrit un rôle sur mesure pour notre plus grand plaisir (…).

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