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La Cour de Babel

Réalisé par Julie Bertuccelli
France - 2013 - 1h29
Sortie le 12 mars 2014 (Pyramide)
Soutien AFCAE

Ils sont Anglais, Sénégalais, Brésilien, Marocain, Chinois... Ils ont entre 11 et 15 ans, ils viennent d’arriver en France. Le temps d’une année, ils cohabitent dans la classe d’accueil d’un collège parisien. 24 élèves, 24 nationalités... Dans ce petit théâtre du monde s’expriment l’innocence, l’énergie et les contradictions de ces adolescents qui, animés par le même désir de changer de vie et de vivre ensemble, bouleversent nos idées reçues et nous font croire en l’avenir...

Bertuccelli n’en est pas à son premier documentaire, elle qui avait notamment fait le portrait en 2006 d’Otar Iosseliani, cinéaste géorgien, et qui s’était initié au genre dans les années 1990 aux Ateliers Varan. Son oeuvre possède un caractère universel qui lui sied bien en même temps qu’il permet de toucher un large public. Plus que jamais, La Cour de Babel est de cette veine là. D’autant qu’en filmant cette classe d’une vingtaine d’élèves de nationalités différentes (aussi bien d’Europe de l’est, d’Amérique du sud, d’Asie et d’Afrique), elle touche d’emblée à l’universalité d’un propos certes attendu, mais dont la justesse du traitement fait mouche.
Avec une belle humilité, la réalisatrice capte pendant une année scolaire ce qui se joue dans cette classe, microcosme du monde avec un grand M, de ses tensions et des espoirs qui nourrissent encore ces protagonistes. Des scènes extraordinaires de cruauté et de véracité éclatent alors entre des cultures et religions différentes, et dont les acteurs ne sont autres que ces enfants déracinés à qui l’on demande de grandir vite. Les sujets qui les unissent sont finalement assez rares, sauf quand tous se mobilisent pour tourner un petit film qu’ils présenteront ensuite au Festival du film scolaire de Chartres. Mais leur quotidien rime plus souvent avec les galères, eux qui doivent s’occuper des papiers administratifs de leurs parents, vivant parfois dans des foyers. Bertuccelli nous dit entre les lignes de son discours, que ces enfants-là sont des héros, des héros des temps modernes amenés à souffrir mais qui portent en eux l’espoir de devenir important et utile aux autres.

Jérémy Martin – lepasseurcritique.com


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