Accueil > Aller au ciné > Nous aimons > Cemtery of splendour

Cemtery of splendour

Réalisé par Apichatpong Weerasthakul
Thaïlande - 2014 - 2h02
Sortie le 2 septembre 2015 (Pyramide Distribution)
Sélection Un Certain regard - Festival de Cannes 2015
Soutien GNCR

Des soldats atteints d’une mystérieuse maladie du sommeil sont transférés dans un hôpital provisoire installé dans une école abandonnée. Jenjira se porte volontaire pour s’occuper de Itt, un beau soldat auquel personne ne rend visite. Elle se lie
d’amitié avec Keng, une jeune médium qui utilise ses pouvoirs pour aider les proches à communiquer avec les hommes endormis.
Un jour, Jenjira trouve le journal intime de Itt, couvert d’écrits et de croquis étranges. Peut-être existe-t-il une connexion entre l’énigmatique syndrome des soldats et le site ancien mythique qui s’étend sous l’école ? La magie, la guérison, la
romance et les rêves se mêlent sur la fragile route de Jenjira vers une conscience profonde d’elle-même et du monde qui l’entoure.

(…) Un tel film est de toute façon un défi à l’écriture critique à chaud tant il s’évertue à ne donner aucune clé d’interprétation, aucun appui narratif ou thématique qui ne file immédiatement entre les doigts. (...) « Le film est une quête
des anciens esprits de mon enfance », explique le cinéaste dont les parents étaient médecins et qui jouait dans les parages de l’hôpital où travaillait sa mère. Une fois qu’on a dit ça, on n’est loin du compte, c’est-à-dire de la puissante hypnose qui
traverse la temporalité distendue des plans à la beauté d’eaux stagnantes ou d’empreintes d’argiles.
(…) Tourné en lumière naturelle, le cinéaste invente un somnambulisme diurne que rythme le bourdonnement des ventilateurs et d’une turbine lacustre à la finalité indéfinie. Un chantier tellement secret qu’il est à ciel ouvert creuse la zone
entourant l’hôpital et pratique dans la verdure une plaie béante, aride de sable et de poussière où les enfants viennent jouer au foot.
(...) Pendant 2 heures, le temps s’arrête. Dans la salle, des gens s’endorment et ressemblent aux gisants sur l’écran. Le cinéma, quand il est grand, suppose la croyance et conduit à une forme d’extase sans révélation. Car le film est aussi une
expérience mortifiante qui permet d’apprécier tout ce que, délivré de son intelligence et de ses optiques, l’on ne sait ni voir ni comprendre.

Didier Péron et Clément Ghy – Libération


Espace adhérents | | @elastick.net