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Le géant égoïste

Réalisé par Clio Barnard
Grande Bretagne – 2013 – 1h31
Sortie le 18 décembre 2013
Quinzaine des Réalisateurs - Festival de Cannes 2013 / Soutien AFCAE

Arbor, 13 ans, et son meilleur ami Swifty habitent un quartier populaire de Bradford, au Nord de l’Angleterre. Renvoyés de l’école, les deux adolescents rencontrent Kitten, un ferrailleur du coin. Ils commencent à travailler pour lui, collectant toutes sortes de métaux usagés. Kitten organise de temps à autre des courses de chevaux clandestines. Swifty éprouve une grande tendresse pour les
chevaux et a un véritable don pour les diriger, ce qui n’échappe pas au ferrailleur. Arbor, en guerre contre la terre entière, se dispute les faveurs de Kitten, en lui rapportant toujours plus de métaux, au risque de se mettre en danger. L’amitié des deux garçons saura-t-elle résister au Géant Egoïste ?

Cette révélation de la Quinzaine a plusieurs sources d’inspiration : la littérature, puisqu’il est une adaptation contemporaine d’un conte d’Oscar Wilde, et la vie réelle, celle qui passe à toute allure dans les rues mouillées de Bradford. C’est là, dans le Nord de la vieille Angleterre, que Clio Barnard avait mené des recherches pour son précédent film, un documentaire sur la dramaturge Andrea Dunbar. Là qu’elle avait croisé tout un petit peuple en bottes crottées et blousons sales : les ferrailleurs et leurs petites mains. (...)
Le Géant égoïste, c’est d’abord une musique. Apre et rocailleuse, au diapason de cet accent du Nord qui fait sonner l’anglais comme une langue barbare. Quelques répliques suffisent pour se sentir embarqué dans cette région sinistrée, où la tristesse des paysages post-industriels finit presque par devenir poétique. Chemins de pluie, ciels bas et gris, briques rouges…
(…) Dans cette fable tragique, qui évoque aussi bien le Steinbeck de Des souris et des hommes que le Ken Loach de Sweet Sixteen, la cinéaste réussit surtout la gageure d’éviter tout misérabilisme. Sa caméra nerveuse qui saisit, comme un radar, la brusquerie des corps en mouvements, y est pour beaucoup. Mais ses comédiens font le reste : leur espièglerie bagarreuse, leurs élans, leur vitalité emportent tout sur leur passage. Larmes comprises.

Mathilde Blottière – Télérama


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