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Les Amants électriques

Réalisé par Bill Plympton
USA - 2013 - 1h16
Sortie le 23 avril 2014 (ED Distribution)
Soutien GNCR

Jake et Ella se rencontrent dans un accident d’autotamponneuse et s’éprennent follement l’un de l’autre. Mais c’est sans compter le machiavélisme d’une garce qui sème le trouble chez les amoureux transis. Jusqu’où la jalousie la mènera-t-elle ? Entre envie de meurtres, tromperies en tout genre et un peu de magie, Jake et Ella sauront-ils surmonter leur rancoeur ?

(…) Certes beaucoup plus léger qu’à l’accoutumée, Les amants électriques (Cheatin’) est une oeuvre muette, épurée et brillante qui constitue une évolution logique à la filmographie du maître. Et ce qu’il retire en mots et en vulgarité, il le transforme en mille et une idées merveilleuses de mise en scène, s’affranchissant de toute barrière physique, optique ou logique pour plonger dans la pure liberté. Ce n’est pas une nouveauté, la filmographie de Plympton regorge de propositions visuelles et artistiques à vous donner le tournis, ici c’est tout simplement trois marches au dessus.
(…) Une fois n’est pas coutume, la forme l’emporte largement sur le fond, les émotions sur le discours. Mais quelle forme ! Quelles émotions ! Il faut voir comment la première séquence est conçue ! Si l’on peut donc clairement regretter la vision de The Tune ou la fougue narrative de Hair haigh, Les amants électriques nous renverse littéralement par sa mise en scène étourdissante, son humour téméraire et sa photographie divine. L’animateur de génie croque chacune de ses planches avec une inspiration grisante, une exaltation telle qu’on le croirait revenu à ses premiers longs. Bill Plympton place son oeil partout, sans contrainte, étire les corps et les lieux, malaxe les distances et sublime les lumières. Les amants électriques est un plaisir rare, l’occasion trop belle de plonger à corps perdu dans le crâne d’un fou, dans les rêveries d’un homme sans brides et en ressortir béat, essoré par tant d’audace et de folie. Bénissez sa femme, bénissez son fils car Bill Plympton est un devenu un homme d’une niaiserie si belle et si absolue que son crayon n’a plus de limite, il danse comme jamais, multipliant les facéties les plus orgasmiques.

Jérôme Sivien – Le Passeur critique


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